Mercredi 21 octobre 2009
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(Québec) «Comment se fait-il qu'il n'existe pas de cancer du coeur alors que tous les autres organes internes semblent sujets à une forme ou une autre de cette maladie?» demande
Paul-Henri Aubé, de Château-Richer.
En fait, explique John Kingsma, spécialiste de la physiologie du coeur de l'Université Laval, les cancers du coeur existent bel et bien, «mais ils sont très, très rares. Le peu de fois où ils
apparaissent, on va souvent les voir dans le péricarde, qui est une sorte de sac élastique, ou d'enveloppe, qui entoure le coeur».
D'après le document Les tumeurs cardiaques primaires, du site www.cardiologieconferences.ca, les cancers qui affectent
le plus fréquemment le coeur sont en fait des métastases, c'est-à-dire des morceaux d'une tumeur apparue ailleurs dans l'organisme qui se sont détachés de la «tumeur mère», ont voyagé dans le
sang, puis se sont raccrochés à un autre endroit du corps. Les cancers qui apparaissent et se développent dans le coeur - les «tumeurs cardiaques primaires» - sont quant à elles 20 fois plus
rares. On n'en trouverait, selon le document, que chez 0,1 % des défunts autopsiés.
Pour comprendre la cause de cette rareté, il faut d'abord s'attarder à ce qu'est, au juste, un cancer.
Quand, pour une raison ou pour une autre, le matériel génétique d'une cellule subit des dégâts, il peut arriver de deux choses l'une : ou bien la cellule meurt, ou bien elle parvient à rafistoler
son ADN et à survivre. A priori, la seconde possibilité est plus souhaitable que la première, mais il demeure toujours possible, cependant, que la réparation soit imparfaite. Et comme l'ADN joue
un rôle absolument fondamental dans le fonctionnement de la cellule, ces petits défauts peuvent, après des années, finir par la dérégler.
La cellule perdra alors les caractéristiques qui la rendaient utile pour l'organisme et au lieu de jouer son rôle, elle se mettra désormais à se reproduire de façon rapide et anarchique. Chacune
des «cellules filles» engendrées adoptera le même genre de comportement, si bien qu'après un certain temps, cette «colonie» de cellules déréglées formera une masse plus ou moins grosse -
c'est-à-dire une tumeur.
Or, explique M. Kingsma, les cellules cardiaques ont une caractéristique qui les immunise contre ce genre de dérives : elles sont incapables de se diviser.
Toutes les cellules de notre corps, comme on le sait, proviennent d'une poignée de cellules souches identiques, qui se différencient et se spécialisent pendant la grossesse. Au cours de ce
processus, dit-il, plus une cellule se différencie des cellules souches, plus elle perd sa faculté de se diviser. Celles qui composent le muscle cardiaque font partie des plus différenciées, et
ne se divisent tout simplement plus.
Si le péricarde demeure vulnérable, lui, «c'est parce qu'il n'est pas composé de cellules cardiaques, il est juste un tissu élastique» de cellules «normales», explique M. Kingsma. Une tumeur du
péricarde peut devenir très problématique, précise-t-il, car, en grossissant, elle peut exercer une pression sur le coeur et lui nuire dans son travail.
Le cas des neurones
Notons qu'un autre type de cellules bien connu est dans la même situation que le muscle cardiaque : les neurones, qui sont eux aussi très «différenciés» et dont l'incapacité à se diviser est
notoire. D'ailleurs, ce ne sont pas eux qui sont en cause dans le cancer du cerveau, mais d'autres cellules dont la tâche est de soutenir les neurones.
Cette immunité aux tumeurs ne vient toutefois pas sans inconvénient,remarquez, puisqu'elle implique que le tissu cardiaque et la matière grise ne guérissent pas bien. Comme on l'a découvert pour
le cerveau, dit M. Kingsma, il est possible que le coeur abrite quelques cellules souches, même chez un adulte, «mais c'est encore mal démontré» et elles sont dans tous les cas très peu
nombreuses. C'est la raison pour laquelle les dommages au coeur (et au cerveau) sont souvent permanents, et que les chirurgiens peuvent voir la cicatrice laissée par un infarctus, même léger, des
années après l'incident.
apparement les cancers du coeur d sont très rares est-ce qu'on les traite quand même ??