Le débit de la pompe cardiaque proprement dite et la quantité de sang qui est éjecté à partir du ventricule gauche s'abaissent. Parallèlement, la tension artérielle diminue et la quantité de sang
entrant dans le cœur au moment de la diastole du ventricule gauche augmente, et avec elle, augmente la pression à l'intérieur des oreillettes gauches et la pression à l'intérieur des vaisseaux
pulmonaires. Bien entendu, cette pression capillaire pulmonaire est moins importante dans les petits infarctus que dans les infarctus graves. Si l'on s'approche d'une zone atteinte par
l'infarctus, on s'aperçoit que celle-ci possède une certaine capacité à s'améliorer spontanément ou à récupérer à condition qu'une certaine revascularisation survienne assez tôt. À l'inverse,
quand la destruction d'une zone du myocarde est totale et irréversible, il est impossible d'envisager de retrouver une fonction de cette zone myocardique lésée. Grâce à certaines techniques et
plus spécifiquement à l'échographie de stress ou à des techniques faisant appel à des isotopes tels que la scintigraphie myocardique, l'I.R.M. utilisant un produit de contraste ou la tomographie
par émission de positrons ou PET, il est possible de mettre en évidence au sein d'un territoire ayant perdu une certaine fonction (acinésie) une possibilité de viabilité nouvelle ou si l'on
préfère un quasi-retour à la normale.
Généralement, l'infarctus du myocarde survient après un laps de temps durant lequel le sujet souffre d'angine de poitrine (angor). Autrement dit, dans les jours ou les semaines précédant
l'infarctus, il est quelquefois possible d'observer chez un patient une aggravation de l'angine de poitrine quand celle-ci existe.
L'angine de poitrine est une manifestation clinique faite de douleurs oppressantes dans la poitrine et de gêne respiratoire survenant le plus souvent à l'effort ou au froid et régressant
spontanément lors du repos. Elle est liée à un rétrecissement localisé d'une ou plusieurs artères coronaires. Des explorations complémentaires peuvent être pratiquées à ce stade pour éviter le
passage à l'IDM (coronarogaphie, test d'effort, IRM de stress...). Si la douleur persiste on peut passer au stade ultime qui est l'infarctus du myocarde.
Les localisations classiques décrites habituellement dans la littérature, telles que la douleur dans la poitrine, à la mâchoire, dans les bras ou les poignets ne sont pas systématiquement
présentes. Il peut s'agir simplement de rots à répétition, de hoquet, d'impression d'indigestion, quelquefois de maux de tête, d'agitation, d'hémiplégie, etc.
Plus classiquement, le patient se plaint d'une difficulté à respirer et d'une certaine forme d'asthénie (fatigue plus ou moins importante, en tout cas inhabituelle).
Les douleurs qualifiées de précordiales ou rétrosternales (le patient appuie son poing fermé sur le thorax pour décrire sa douleur) sont le plus souvent accompagnées d'anxiété, de sueurs
froides, de vomissements ou de nausées, et quelquefois d'agitation. Elles surviennent généralement sans qu'il existe d'antécédents cardio-vasculaires connus. Néanmoins, la durée de l'infarctus
est plus importante, puisque supérieure, que celle de l'angine de poitrine, le plus souvent à une demi-heure.
COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC D'UN INFARCTUS DU MYOCARDE ?
1 - Par l'examen clinique réalisé par le médecin
La tension artérielle est d'abord élevée et s'abaisse par la suite à des valeurs inférieures à la normale du sujet. Une tachycardie est
fréquente au début.
Mais c'est surtout la douleur dans la poitrine qui oriente le médecin qui fera très rapidement réaliser un électrocardiogramme.
2 - L'électrocardiogramme
a- Succession des signes de l'électrocardiogramme
Electrocardiogramme d'un infarctus en voie de constitution. Noter l'aspect en dôme du signal électrique,
caractéristique.
b- Diagnostic de la localisation de l'infarctus
Selon la localisation de l'artère du cœur qui est bouchée, il existe grossièrement 3 topographies d'infarctus du
myocarde :
-
les infarctus antérieurs
-
les infarctus inférieurs
-
les infarctus de la paroi latérale du cœur
L'association d'une douleur de la poitrine et de modifications caractéristiques de l'électrocardiogramme suffisent à poser le
diagnostic (90% de fiabilité) d'infarctus du myocarde et a entreprendre le transport immédiat du patient vers une unité de soins intensifs de cardiologie.
On peut également détecter un infarctus par des tests biologiques, notamment grâce à l'activité des enzymes cardiaques.
Le traitement se fait en service de réanimation à l'hôpital tout d'abord par l'utilisation de thrombolytiques (médicaments servant à dissoudre le caillot en injectant une substance qui vise à
détruire le caillot : la streptokinase). Ce médicament doit être utilisé jusqu'à 6 heures après infarctus, en effet son efficacité est d'autant plus élevée qu'il est utilisé tôt. Il semblerait
néanmoins qu'ils soit également efficace quand l'infarctus est traité tardivement.
Les autres médicaments utilisés sont (liste non exhaustive) :
- Les anticoagulants, aspirine (de 160mg à 325mg/j) et les héparines surtout celles de bas poids moléculaires (HBPM).
- Les anti-agrégants plaquettaires dont certains très puissants peuvent être utilisés en urgence
- Les bêtabloquants (médicaments réduisant la tension artérielle et entraînant un ralentissement du rythme cardiaque).
- La trinitrine en injection intraveineuse.
- Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC)
Il est généralement nécessaire d'effectuer un séjour en maison de repos parfois pendant une longue période.
Dans certains cas il est pratiqué une angioplastie transcutanée. Cette technique est uniquement utilisée pour les rétrécissements localisés et pour une obstruction partielle consiste à
introduire un ballonnet à travers la peau et à le pousser dans la circulation artérielle jusqu'aux coronaires. Le gonflement du ballon entraîne une dilatation du ballonnet et celle de l'artère
coronaire. La sonde et le ballonnet sont par la suite retirés une fois que la dilatation coronarienne a été obtenue.
La mise en place d'un stent est quelquefois nécessaire. Le stent est une sorte de ressort ou de tuteur que l'on place à l'intérieur de la coronaire, permettant à celle-ci de retrouver un
calibre presque normal.
Le pontage aortocoronarien consiste à effectuer la greffe d'un fragment de veine ou d'artère placé entre l'aorte et l'artère coronaire située après l'obstruction.